AUTRES RIVAGES

PROGRAMMATION 1999 - 2008  ou le but de "Autres Rivages"

Engendrer une action culturelle, vivante, contemporaine

mais aussi populaire a été notre désir depuis la création de notre association

Dans "Autres Rivages" l'esprit d'ensemble est d'agir, en territorialisant l'événement sur 6 à 8 communes,

en accordant découverte des musiques du monde et une ré-interprétation personnalisée du lieu

ou du site investi à l'occasion de la manifestation :

En résumé, la mise en valeur du lieu ou site investi fait partie intégrante des spectacles présentés.

Les années depuis 1999 ont précisé une approche pédagogique des musiques du monde proposées

avec l’édition d’un recueil de textes illustré et la création du site internet.






AUTRES RIVAGES se reflètent dans ces pensées :

1999 : Edition 99 dédicacée à Yehudi Menuhin, notamment pour ses pensées rédigées quelques jours avant sa disparition : " la culture permet à chacun de se ressourcer dans le passé et de participer à la création du futur. En ignorant d'une façon si manifestement aveugle les cultures du monde, nous nous construisons une tour d'ivoire fondée sur des sables... " Aussi Jean-Luc Marty, rédacteur en chef de GEO pour son édito pensif de décembre 1998 : " Car il n'existe pas encore une définition de ce que l'on nomme la " Word "et les " Musiques du monde. " Entre les deux, la découverte musicale n'a pas la même intensité. Dans les musiques du monde, une famille peut se tranformer en orchestre, une confrérie religieuse aussi. Et ne produire qu'un seul disque. Or, parfois cet unique enregistrement est un bijou. "Les musiques du monde sont surtout le langage de la terre, de la montagne, du désert, de la mer de la pluie et du vent. Un langage intemporel, universel, mémoire plurielle et commune léguée par l'humanité au travers des siècles.

2000 : Mais , plus que jamais, à l'aube du tout technologique 3ème millénaire, ces voix, ces musiques resteront le langage de la terre, de la montagne, du désert, de la mer, de la pluie et du vent. Un langage intemporel, universel, héritage-témoignage de la mémoire des peuples de notre planète.

2001 : Certains musiciens pratiquent leur art jusqu'à élever leur âme dans une quête tendue vers la spiritualité. C'est comme s'ils nous indiquaient, nous rappelaient un chemin dont nous aurions perdu la trace, une voie dont nous nous serions détournés, attirés par d'autres valeurs plus superficielles, plus éphémères. Ils déclinent ainsi notre fragilité mais ils appellent aussi à réveiller en nous cette force que peut nous conférer l'approche du sacré. Ces hommes et ces femmes, rares témoins vivants de notre mémoire, pratiquent - peut être pour peu de temps encore - le langage de la terre, de la montagne, du désert, de la mer, du soleil, de la nuit, de la pluie et du vent. Un langage imprégné de nos rêves et de nos peurs, si lointain et si proche, intemporel et universel qui plonge ses racines dans les entrailles de nos origines.

2002 : A l'issue de l'époustouflante prestation des Derviches Tourneurs de Damas au Chateau de Flaux en 97, je demandai à l'un d'entre eux comment il pouvait tourner aussi longtemps sans perdre l'équilibre... Il me répondit que tout son être physique était tel un conducteur d'énergie tendu entre forces terrestres et forces cosmiques. Ainsi cette attitude lui conférait le pouvoir spirituel de tourner ainsi, presque indéfiniment, sans pour autant jamais chuter. Les artistes, gardiens fragiles et rares de la mémoire de nos origines, nous rappellent au sacré. Ils répètent sans cesse que seule la quête spirituelle alliée au langage de la terre, des étoiles, de la montagne, du désert, de la mer, de la pluie et du vent donnera à l'humanité sa véritable dimension. En ces temps troublés, puisse notre civilisation s'inspirer de cette petite histoire ! S'inspirer de cette capacité à exhausser nos àmes pour préserver aujourd'hui et demain l'équilibre de nos sociétés... Autres Rivages se reflètent dans ces pensées...

2003 : Au plus fort des chaudes nuits d'été, les voix, invitées d'honneur de la 8ème édition d'Autres Rivages, nous emmènent des confins des terres du Pakistan jusqu'aux côtes méditerranéennes et celles plus lointaines d'Afrique. Ensemble, elles s'élèvent et chantent la planète. Mieux, elles l'immortalisent, la déclinant en milliers d'émotions projetées jusqu'au firmament de la voûte étoilée. Elles sont l'écho des vies qui nous ont précédé, de celles et ceux dont l'âme a été éblouie par la puissance étrange et belle du désert, de la mer, de la montagne, du ciel et du vent. Et telles les vagues sur la falaise, elles nous ramènent inlassablement aux sources de la sagesse.

2004 : Après ce long hiver passé sur les rives désertes de l'Uzège endormie, à faire des additions, mais hélas aussi des soustractions, à réparer un autobus fatigué, à mener nos chameaux faméliques à l'herbage, pour la neuvième fois, la caravane d'Autres Rivages repart en quête........ Tout cela ne paraissant pas assez sérieux...et pourtant.....pour cette neuvième traversée dans la mémoire des peuples du monde........mémoire fragile, menacée par cette modernité ubuesque, indispensable terreau de notre imaginaire réduit par tous les moyens sournoisement répréssifs..

2005 : Pour la dixième fois, nous découvrirons d'autres artistes, justifiant la vocation originale de notre festival et par là même tenter modestement de préserver d'autres cultures menacées. Alors nous avons troqué nos chameaux voyageurs par des émail baladeurs, l'autobus coloré par des fax noir et blanc, le 4x4 par un v.t.t. et la mort dans l'âme censuré nos projets grandioses (les Inuits de l'Artique, les Pygmés du Botswana ...). Mais rassurez-vous, nous avons fait des miracles sans aller à Lourdes, ni gravir le Karabagh.


2006 : 20 ans déjà.... Le 9 juillet 1986 naissait « l’Autobus », à partir d'une idée simple: "Aller au devant des publics, là où les gens vivent, et rendre la culture sous toute ses formes accessible au plus grand nombre". Je ne me serais pas douté, ce jour-là du parcours extraordinaire que nous allions vivre durant toutes ces années.
Parcours jalonné de près de 400 spectacles, 20 festivals, 300 000 spectateurs, des noms prestigieux de la scène internationale, Nina Simone, Michel Pétrucciani, Hermeto Pascoal, Tania Maria, Baden Powell, Subramaniam, mais aussi des éminents émissaires de la spiritualité venus du monde entier, les Derviches Tourneurs de la Mosquée d'Alep, les Chants Soufi de Haute Égypte avec Cheikh Ahmad Al Tuni, Faiz Ali Faiz, avec les chants Qawwali du Pakistan, les Danses sacrées des Moines Bonpos du Tibet...
Pour n'en citer que quelques uns tant ils ont été nombreux, tant ils nous ont fait partager des moments d'émotion rare, et - privilège unique - nous ont entrouvert, en quelques courts, trop courts instants, les portes du Sacré.
Ils nous rappellent à nouveau que loin des valeurs éphémères d'un tout technologique 21ème siècle, la fraternité des peuples et le respect de la planète demeurent aujourd'hui plus que jamais le socle sur lequel reposera notre devenir commun.


2007 :
      Si le choix artistique à nos débuts s’est essentiellement porté sur l’innovation, ces onze dernières années ont été consacrées, la maturité aidant, à un exercice de style autour de la défense du patrimoine musical ethnique ou immatériel de la planète.
      Il ne s’agit plus aujourd’hui seulement d’éblouir mais plutôt de révéler depuis la profondeur de nos origines le fabuleux trésor légué par les peuples de la terre.
      Mais aussi, face à une société dominante, marchande d’éphémère par trop uniforme, d’alerter que la diversité des cultures reste une richesse à la fois précieuse et fragile…
      Précieuse et fragile comme le cristal…
      Sur une planète au devenir aujourd’hui bien préoccupant, nous devons avec sagesse honorer sa fertilité prodigue et transmettre cet héritage unique en insistant sur des valeurs durables.
      Et si le respect des peuples et de la terre qui les a engendrés demeure le grand chantier de demain, n’oublions pas, qu’afin de maîtriser ce tout technologique dont la puissance nous fascine, toujours, ici et maintenant, l’Art continue de penser le Monde.


2008 :
      Depuis 1996, les membres du collectif du festival nomade Autres Rivages, sillonnent le Pays d’Uzès en se consacrant à la préservation du patrimoine immatériel de la planète.
      Ce parcours symbolique a toujours affirmé que les musiques du monde expriment une arborescence aux racines fragiles et dont le tronc constitue notre mémoire commune.
      C’est pour cela que l’édition 2008 d’Autres Rivages parcourra à nouveau cette planète magnifique en célébrant sa beauté et sa générosité .
      Elle imaginera un voyage initiatique allant du Duende Flamenco aux Danses Sacrées des Moines de l’Assam, des chants Arabo-Andalous aux Quadrilles de Guadeloupe, du Congotronics de Kinshasa aux percussions envoûtantes des Dhols de Jaipur.
      Et existera dans d’autres lieux, sous d’autres visages au cœur même de la manifestation au pied des tours d’Uzès : Les Salons de Musique et ses Instants Particuliers.