Thèmes abordés en 2006 et 2007

suite : ...     Mongolie   Flamenco   daf   samâ'   Afrique        


Rebel et Equitable ?





    "Desert rebel" est une rencontre entre des musiciens du "Nord" et d’autres du "Sud", une aventure musicale hors du commun qui lance le concept de culture équitable. Farid Merabet et François Bergeron sont à l’initiative de ce projet. Ils sont partis du constat qu’il y a finalement énormément de richesses liées à la culture sur la planète mais que cet argent se retrouvait quasiment toujours au même endroit, c’est-à-dire dans les pays du Nord. Leur idée a été d’adapter l’équitable à la culture, d’établir une charte de fonctionnement et de faire en sorte qu’il y ait un retour financier pour tous les acteurs du projet. De nombreux musiciens ont participé à ce travail collectif, parmi lesquels Guizmo du groupe Tryo, Daniel Jamet, ex-guitariste de la Mano Negra actuellement avec Mano Solo, Amazigh Kateb de Gnawa Diffusion, Abdallah Ag Oumbadougou, guitariste de la rébellion touareg, et Imothep d’IAM.

    Le groupe franco-nigérien "Desert Rebel", tête d'affiche au festival des musiques du monde "Esperanzah!".

    Esperanzah!, c’est donc une volonté de porter un regard attentif à l’évolution du monde, mais aussi de contribuer à le transformer… On dit souvent qu’Esperanzah!, c’est le monde tel qu’on a envie de le vivre. Si l’on estime que la rencontre des autres cultures est une richesse extraordinaire, on ne peut pas être insensible à ce qui se passe dans le monde. L’envie de sensibiliser les gens aux réalités de ces autres cultures, de ces autres pays, en découle naturellement. A tout ce qu’ils nous apportent de positif, mais aussi aux difficultés qui sont les leurs, aux contradictions qui traversent leurs sociétés et à l’injustice des rapports Nord-Sud. Vivons la fête et l’énergie qui nous rassemble, mais soyons également sensibles à ces réalités-là, et essayons, à notre échelle, de contribuer à changer les choses.

    Jean-Yves Laffineur est coordinateur du festival Esperanzah!. Abbaye de Floreffe, Belgique.
 thématiques centrales du Festival :
    - Le choix de l’annulation de la dette du Tiers Monde.
    - La privatisation de l’eau, les dangers qu’elle représente et toutes ses conséquences.
 mais aussi :
    - la sensibilisation aux rapports Nord-Sud sur une question particulière, et l’impact de la consommation responsable dans le cadre de ces-mêmes relations Nord-Sud.
    - Le combat pour «d’autres mondes possibles», la volonté d’affirmer des valeurs communes en rassemblant autour d’elles un grand nombre de personnes qui vont se sentir sensibilisées et se réapproprier ces valeurs. Via les concerts, les animations, les débats, les échanges, les prises de paroles, les expos, via la fête, on produit une formidable énergie transformatrice. Et on a bien l’intention de continuer: notre intention n’est pas seulement de nous exprimer au moment du festival, mais bien de mener un travail de fond, toute l’année, par le biais d’autres projets, ou de notre site internet, mobilisé en permanence, et notamment sur des questions sociales.
                    voir: Les Autres Voix de la Planète -Juin 2004.

MONGOLIE

    «Mongolie, rêve d'infini», de Michel Setboun, La Martinière, 2005. Les plus belles photos rapportées de ses voyages en Mongolie depuis le début des années quatre-vingt-dix.

    «Le Monde gris», de Galsan Tschinag, éd. Métailié, 2001. L’auteur de «Ciel Bleu, une enfance dans le Haut Altaï» nous livre une nouvelle histoire d'enfance mongole, dans son style à la fois poétique et très simple.

    «L'empire des steppes. Attila, Gengis Khan, Tamerlan», de René Grousset, éd. Payot, 1965, réédité en 2001. Pour tous ceux que l'histoire des peuples nomades d'Asie centrale passionne, cet ouvrage est un monument d'érudition qui englobe vingt-cinq siècles d'une incroyable épopée.

    «Aylal, une année en Mongolie», de Linda Gardelle, éd. Gaïa, 2004. Un très joli récit, sincère et spontané, réalisé par une jeune voyageuse spécialiste du nomadisme. Linda Gardelle a passé une année en Mongolie, où elle a appris la langue et a vécu une formidable expérience, au plus près de la réalité.

MONGOLIE

  «Mongolie, l'esprit du vent», de Sophie Zénon, éd. Bleu de Chine, 2005. Préface de Galsan Tschinag. Depuis dix ans, la photographe Sophie Zénon voyage en Mongolie et met en images le monde de la steppe. Au cœur de sa démarche, sa relation particulière avec une famille d'éleveurs nomades, installée dans la vallée de l'Orkhon. Une vision personnelle et sensible.

    «Histoire secrète des Mongols», traduit du mongol, présenté et annoté par Marie-Dominique Even et Rodica Pop, éd. Gallimard, 1994. Cette chronique du XIIIe siècle est un témoignage inestimable sur l'aventure gengiskhanide. Avec un souffle épique incroyable : rapts de femmes et vols de chevaux, chamans et archers, luttes de pouvoir et conquêtes...

    «Gengis Khan et l'Empire mongol», de Jean-Paul Roux, éd. Découvertes Gallimard n°422, 2002. Cette petite encyclopédie fort pratique et excellemment illustrée nous renseigne sur l'ampleur des conquêtes gengiskhanides et nous livre quelques clés utiles sur la grandeur et la décadence de l'Empire mongol.

    «Gengis Khan», de Michel Hoàng, éd. Fayard, 1988. Un ouvrage de référence, très agréable à lire, qui analyse les grandes étapes de la vie de l'empereur. Par un spécialiste de la Chine et du Sud-Est asiatique, auteur d'un des textes de notre dossier,

    Mongolie. Vies nomades en images et en sons», de Samuel Keller, éd. Actes Sud, 2005. Les photos de Samuel Keller s'accompagnent d'un CD audio qui mêle chants folkloriques et ambiances du quotidien mongol.
    «Gengis Khan et ses héritiers». Une superbe exposition autour de l'art mongol s'est tenu au musée national d'Ethnologie de Munich, en Allemagne. A cette occasion, un catalogue richement illustré explore l'art traditionnel des steppes, des premiers empires turcs de Mongolie aux joyaux timourides d'Asie centrale : «Dschingis Khan und seine Erben», Hirmer Verlag, München 2005 (en allemand).

FLAMENCO
Juan Carmona
Noces savantes
Sur un nouvel album étincelant,
le guitariste JUAN CARMONA
orchestre une fabuleuse rencontre
entre tradition flamenca
et écriture classique.
                   




  
TURQUIE
Ozan Firat
Abbas Bakhtiari
























Le daf : définition, origine, usages
Donnons tout d'abord la définition que donne de l'objet le dictionnaire de la langue persane de Mohammad Moïn (référence comme le Larousse ou le Robert) : « instrument constitué d'un cadre circulaire sur lequel est tendu une peau et dont on joue en le frappant avec la main. Le jeu repose sur la production de sons diversifiés qui s'obtiennent par des frappes avec le bout des doigts ou la paume de la main. A l'intérieur du cadre en bois sont fixés en chaîne des anneaux métalliques qui produisent des sons en fonction de la position de l'instrument et de l'intensité de la frappe. L'instrumentiste est nommé DAFZAN » (littéralement: "frappeur de daf', celui qui fait sonner le daf)
On joue en Iran deux types de daf dont les dimensions sont relativement orthonormées : le daf commun, au diamètre de 45 à 55 cm et la profondeur de 5 à 8 cm, et le daf kurde, plus imposant, de 65 à 75 cm de diamètre sur 10 cm de profondeur. Sous son apparence fruste, il est composé de minimum quatre éléments, souvent cinq ou six, et sa fabrication requiert divers savoir-faire:
Le cadre est constitué d'une fine bande de bois dont l'épaisseur ne dépasse pas 1 cm, délicatement biseautée pour ne pas excéder 3 mm du côté où la peau est tendue, pour que le son soit !e moins possible assourdi. Une petite échancrure plus ou moins profonde est pratiquée dans l'arrière du cadre pour y placer le pouce. On distingue deux types de cadre : te yekameh requiert une seule couche de bois ligaturée et collée bout à bout ; le dokameh fait se chevaucher les deux bouts sur au moins 5 cm qui évite la déformation du cercle sous !a pression de la peau.
La peau est tendue de manière à revenir sur toute la surface du cadre. Toutes les peaux conviennent, on rencontre même des peaux de poisson, mais il est acquis que les peaux de chèvres, brebis et gazelles qu'on a laissé vieillir rendent le meilleur son.
Tout le pourtour de la tranche est semé de clous de cuivre qui assurent la tension régulière de la peau et donnent un effet décoratif appelé « go! mikh » (fleur cloutée).
Des crochets de laiton, de cuivre ou d'acier sont fixés à !'intérieur du cadre pour y accrocher les anneaux. La distance entre la ligne des crochets et la peau est de l'ordre de 3 à 3,5 cm et l'intervalle entre chaque crochet est de 3 cm.
Les anneaux d'un diamètre de 2 cm sont de préférence en laiton mais peuvent être de même métal que les crochets. Chaque crochet en supporte quatre, les deux premiers en chaîne, les autres attachés au second.
Pour le confort de l'instrumentiste, dont la prestation peut durer en continu sur plusieurs heures, il arrive que l'on fixe à l'intérieur du cadre une lanière de cuir qui s'enroule autour du poignet de la main gauche assurant un maintien continu moins fatigant.
Le daf autorise une grande diversité de timbres et génère des climats variés selon qu'il est frappé, frotté ou secoué, s'il est orienté de biais, tenu verticalement, vigoureusement secoué, faiblement agité horizontalement ou animé d'ondulations amples. Ces différences tiennent aux différentes intensités des vibrations métalliques émises par les-anneaux suspendus à l'intérieur du cadre.
Bien que les avis divergent sur l'origine géographique de cet instrument autant que sur l'aire linguistique à laquelle il convient de rattacher le mot, on peut être certain d'une provenance mésopotamienne : la trace la plus ancienne du terme est „dûb" dans la langue sumérienne, que l'on retrouve dans l'akkadien „düppû"ou „tûppû". Pour les tenants d'une origine sémitique, on retrouverait dans l'araméen „dûp" la racine hébraïque ntef qui a le double sens de « frapper » et « couper ». L'encyclopédie Grove rapporte pour sa part l'étymologie de daf à l'hébreu „taph" et, donnant une origine séfarade à sa généralisation, explique qu'en Espagne le mot s'est conservé sous la forme „adouf. Les termes arabes „doff' puis „dafP' qui en dérivent recouvrent exclusivement (a production de sons par des percussions. À l'inverse, certains linguistes iraniens avancent que la racine indo¬iranienne tap qui renvoie au sens de « donner un coup »- et se rapproche des termes français taper et anglais tape - serait à l'origine des noms d'instruments aussi divers que daf et tanbür (luth)...
Fondées ou non, ces diverses étymologies renvoient à !'ancienneté de l'instrument et corroborent l'hypothèse qui prévaut quant à l'origine de la musique: la plus ancienne des manifestations d'activité musicale aurait été la production de sons par percussions, d'abord sur des pots de terre cuite, sur des troncs d'arbres évidés puis sur des peaux tendues. Selon une tradition rattachée à la culture de l'Iran antique, l'annonce du nouvel an et le lancement des festivités qui accompagnent cette transition se faisaient au son du daf. On sait que la dynastie sassanide (224-659 de notre ère) affectionnait les groupes de percussionnistes qu'elle représentait sur sa vaisselle et sur bon nombre de bas-reliefs.
Sur quelques-uns uns, plus anciens que cette dynastie, figurent des groupes de musiciens qui, au-delà de l'ancienneté et l'authenticité de cet instrument, attestent de la pérennité de ses dimensions et de la façon dont on en joue.
Alors qu'il semblait avoir disparu depuis environ un siècle, le daf a retrouvé au cours de la dernière décennie sa place dans la musique populaire d'agrément. Cette mode tient à la redécouverte du patrimoine musical des régions et des minorités ethniques. Car, dans les provinces de Kermân, Yazd, Kurdistan et Kermânchâh, le son du daf n'avait jamais cessé, à travers l'épopée, d'être associé à la révolte, l'affliction, la détresse, la passion amoureuse. Relayées par les percussions tâs et dohol, le luth tanbûr et la flûte shemshâl, les résonances puissantes du daf y soutiennent des chants en langues locales et parfois en persan, surtout interprétés à l'occasion de réunions en plein air consacrées à la danse et l'expression des passions profanes.
Mais le daf revendique bien plus que cette couleur champêtre, car il est, depuis au moins huit siècles associé au samâ' : le concert spirituel des confréries soufies. Son rythme règle l'ordre des cérémonies des derviches. II détermine l'ordre des chants comme s'il leur était antérieur et en quelque sorte supérieur.
  
TURQUIE
Ozan Firat
Abbas Bakhtiari
























Le samâ' des derviches
L'usage liturgique du daf remonte à la réhabilitation de la musique comme méthode d'approche du divin. Aux 11e, 12e et 13e siècles de l'ère chrétienne, après des décennies de suprématie de l'approche doctrinale de l'Islam par des exégètes, des grammairiens rigoureux et des théologiens experts en interprétation des textes fondateurs, une dimension plus intuitive et immédiate du rapport au divin s'affirme à travers la multiplication de confréries dont les réunions ont pour objet explicite de faciliter l'accès à l'extase (wajd). Cette activité s'accompagne d'une abondante production poétique en langues persane et arabe, dont les représentants les plus éminents furent Ibn Arabi et Jallal-oddin Rûmi. L'affirmation de la primauté de la voie du coeur, déjà perceptible dans le discours des écoles gnostiques réunies autour des premiers imâms chi'ites, s'était constituée en doctrine au cours du 3e siècle de l'hégire (9e siècle de l'ère chrétienne) essentiellement grâce à la prédication de mystiques d'origine iranienne comme Bastâmi. Mais ce n'est que deux siècles plus tard que les tenants de l'Islam intérieur vont élaborer les théories sophistiquées du soufisme et les règles de comportement des diverses confréries de derviches. Depuis le début du 12e siècle, le soufisme est un agent culturel parallèle qui, de l'Asie musulmane au Maghreb, ignore les divisions politiques et transcende les querelles de théologiens.
Le terme Samâ' (ou semah) est intraduisible. II associe les sens de chant mystique, audition, communion, danse extatique (seule ou en groupe), cérémonie de culte. Le mot recouvre ainsi tous les moyens par lesquels on se met en position de percevoir la majesté du divin. Les adeptes le définissent souvent comme un état d'effervescence intérieure qui conduit à des mouvements plus ou moins contrôlés du corps et des moments d'inconscience pour aboutir à un sentiment de dilution sereine dans lequel l'adepte se sent affranchi des contraintes terrestres. Bien que le monde environnant reste intelligible, les perceptions physiques sont altérées et les aptitudes du corps connaissent des modifications substantielles, ce qui donne lieu chez certains à des manifestations de fakirisme comparables aux pratiques des yogis indiens.
L'accompagnement du rituel par de la musique, en principe interdit par l'Islam, est justifié par la célèbre affirmation d'un grand théoricien de l'harmonie qui écrivait au début du 12e siècle : « II n'y a pas d'entrée dans le coeur, sinon par l'antichambre des oreilles ». Que le même Ghazzâli ait pris la peine de rédiger un ouvrage fameux intitulé "Livre du bon usage de l'audition et de l'extase" n'empêche pas qu'il y ait autant de samâ' que d'écoles. Au-delà d'une phase initiale commune, fondée sur la scansion du nom de Dieu et qui vise à discipliner le souffle (zikr), chaque grand maître a préconisé un rituel rigoureusement réglé, qui autorise, limite ou même interdit les épanchements verbaux et les débordements physiques. II n'est pas certain que Rûmi, connu en Occident pour avoir fondé l'ordre des "derviches tourneurs", ait lui-même préconisé une danse giratoire régulière sur une mélodie mesurée où le chant et la flûte dominent. Certains passages de son oeuvre semblent même attester du contraire :
« Ne viens pas à nous sans daf car nous sommes dans la fête Lève-toi et fais sonner le dohol puisque nous sommes vainqueurs »
Et ailleurs : « C'est le chant du daf qui donne son éclat à tout samâ' Car dans le daf se dissolvent blessures et outrages »
En Iran et notamment au Kurdistan, le samâ' ne se conçoit pas sans longues litanies ponctuées de cris, claquements de mains, danses collectives, et roulements de daf. Particulièrement spectaculaire, la cérémonie des qaderi est inspirée par sheyq Abd-el-Qader Gilâni (1077-1166), fondateur d'un ordre dont les communautés sont disséminées de l'Algérie à la Tchétchénie, des Balkans au Tadjikistan. Son enseignement réintroduit dans l'Islam une connaissance du corps liée aux pratiques de possession ancestrales. Les mouvements d'avant en arrière et les pas de danses dynamisent les centres nerveux et cette action sur le système cérébro-spinal génère des états seconds. Les battements et roulements du daf font remonter à l'esprit, de manière totalement incontrôlée, désirs, soucis, chimères et frustrations jusqu'à un état paroxystique de dévotion et de déchirement dont tout simulacre est exclu. II est dit que le daf est l'interprète des émotions, sensations et état spirituels intérieurs et que la "langue du coeur" s'exprime par son intermédiaire...
Qu'il soit public ou privé, le samâ proprement dit ne concerne que les membres de la confrérie, même s'il arrive que les spectateurs soient subjugués par l'atmosphère et se laissent aller à hurler en choeur. Le rite est dirigé et surveillé par un ou plusieurs maîtres spirituels qui veillent à contrôler les effusions et empêcher que la « sortie de soi » ne s'exprime par des mutilations volontaires. Ce qui donnerait du grain à moudre aux théologiens qui réduisent ces manifestations à du charlatanisme. Les rituels soufis sont de manière générale très mal vus par les mollahs depuis que le shi'isme duodécimain s'est constitué en religion d'État au 16e siècle. La pression des autorités de la république islamique amène une nette édulcoration des pratiques.
Notes : Abbâs Bakhtiari , Joël Bastanaire
 
un auteur
africain
chez nous

PROMENADE DANS LA FORÊT
OLYMPE BHÊLY-QUENUM

Promenade dans la forêt est la réédition revue, corrigée et augmentée de trois inédits, du recueil de nouvelles paru en 1968 sous le titre de Liaison d'un été, qui comportait déjà ce rêve qu'Olympe Bhêly-Quenum avait raconté à André Breton quand ils se sont rencontrés en 1949; le Maître du Surréalisme s'étant aperçu que l'étudiant africain n'avait pas encore lu Freud, devait déclarer et la suggestion serait décisive dans la vie du futur auteur d'Un piège sans fin, Le chant du lac, L'initié, Les appels du Vodou, etc. : "C'est le rêve à l'état brut... il faudrait le transcrire avant de lire Freud... avant de devenir écrivain."
Arrivé en France en 1948, le jeune homme avait 21 ans en 1949 quand il rencontra André Breton ; bien qu'il n'eût pas hésité à suivre le conseil du grand homme de Lettres, il ne se doutait pas qu'il serait écrivain. La mort de l'auteur de Naja, en 1966, l'affecta et il lui rendit hommage dans un In Memoriam en rappelant leur rencontre. C'est à lui qu'il dédia Liaison d'un été, publié en 1968; en publiant récemment Années du bac de Kouglo, écrit en 1950-1951, l'auteur de C'était à Tigony et de As-tu vu Kokolie ? déclara : "le rêve de 1949, plus précisément sa transcription en suivant le conseil d André Breton, était fondateur : le fondement de nombre de mes écrits."
Un piège sans fin - Le chant du lac - Liaison d'un été - L'initié - La naissance d'Abikou - As-tu vu Kokolie- C'était à Tigony - Les appels du Vodún - L'afrique des profondeurs ...
Olympe Bhêly-Quenum
Garrigues - Uzès